Guide · Rénovation

Votre bien est classé F ou G : les quatre options d'un bailleur

Le G est interdit à la location depuis 2025, le F le sera en 2028. Rénover, vendre, changer d'usage ou occuper : le tableau de décision d'un propriétaire non-résident.

7 min19 septembre 2026

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Vous recevez le diagnostic, la lettre est un F ou un G, et la question tombe : que faire. Pour un propriétaire qui vit à l’étranger, elle est plus difficile que pour un résident, parce que chacune des options demande une présence sur place que vous n’avez pas. Ce guide pose les quatre chemins possibles et ce qui les départage, sans vendre celui qui nous arrange.

Il complète notre page de référence sur les travaux et la rénovation énergétique.

D’abord, vérifier que la lettre est juste

Avant de décider quoi que ce soit, il faut s’assurer que le diagnostic dit la vérité. Deux situations fréquentes le rendent contestable.

La première concerne les petites surfaces. La méthode de calcul a été corrigée le 1er juillet 2024 pour les logements de quarante mètres carrés et moins, qui étaient lourdement pénalisés par le poids relatif de l’eau chaude sanitaire. Des dizaines de milliers de studios ont gagné une classe sans le moindre travaux. Si votre diagnostic est antérieur et que le bien est petit, le refaire coûte quelques centaines d’euros.

La seconde tient aux justificatifs. Faute de preuve, le diagnostiqueur applique des valeurs par défaut, toujours défavorables. Une facture d’isolation des combles, une notice de chaudière, un procès-verbal d’assemblée générale votant une isolation de façade peuvent faire remonter la note. Rassembler ces pièces et demander une contre-visite est le premier réflexe, pas le dernier.

Option 1 : rénover

C’est la voie qui conserve la valeur du bien et le droit de le louer. Elle se juge sur trois chiffres : le coût des travaux, le gain de classe attendu et la durée pendant laquelle vous comptez garder le bien.

L’ordre des travaux compte autant que leur nature, et notre page de référence détaille les leviers qui déplacent réellement une classe. Retenez surtout que changer le chauffage avant d’isoler conduit à surdimensionner l’équipement, et que la plupart des gains décisifs passent par l’isolation ou par la sortie d’un chauffage électrique ancien.

Le point dur pour un non-résident n’est pas technique, il est calendaire. Quand les travaux touchent les parties communes ou la façade, ils passent en assemblée générale de copropriété, qui se tient une fois par an. Une isolation par l’extérieur décidée en janvier peut n’être votée qu’en juin de l’année suivante. Face à une échéance de 2028, il faut compter à rebours depuis l’assemblée, pas depuis le devis.

Option 2 : vendre

Vendre une passoire thermique reste possible, et c’est même un marché actif : les acheteurs qui rénovent cherchent précisément ces biens. Mais trois éléments pèsent sur le prix.

  • L’audit énergétique est obligatoire avant la mise en vente d’un logement en monopropriété classé F ou G depuis avril 2023, et E depuis janvier 2025. Il chiffre les travaux à faire, et l’acheteur négocie sur ce chiffre.
  • La décote existe et elle est visible dans les données de marché : un bien classé F ou G se vend moins cher qu’un bien équivalent mieux classé, et l’écart s’est creusé à mesure que les échéances approchaient.
  • La plus-value du non-résident suit son régime propre, avec ses abattements pour durée de détention et ses prélèvements sociaux, sujet que traite notre guide sur la plus-value immobilière du non-résident.

Vendre a un mérite que les autres options n’ont pas : cela met fin au sujet définitivement, ce qui compte quand on habite à dix mille kilomètres.

Option 3 : changer d’usage

Le critère de décence énergétique vise la résidence principale du locataire. Un logement classé G ne peut donc plus être loué à l’année, mais il peut aujourd’hui être loué en meublé de tourisme, servir de résidence secondaire, ou être occupé par vous-même lors de vos séjours.

C’est une solution, mais il faut savoir ce qu’on achète. La loi du 19 novembre 2024 a donné aux communes des pouvoirs étendus sur la location touristique, et beaucoup de villes recherchées les utilisent déjà : quotas, autorisation de changement d’usage, compensation. Le régime fiscal du meublé de tourisme non classé s’est lui aussi durci. Notre guide sur le classement d’un meublé de tourisme détaille ce nouveau calcul.

Autrement dit, c’est un répit, pas une stratégie de long terme.

Option 4 : attendre

Attendre est un choix, et parfois le bon. Un bien classé F reste louable jusqu’en 2028, et ces deux années peuvent servir à voter une isolation en copropriété, à monter un dossier d’aide, ou simplement à laisser un bail courir jusqu’à son terme.

Attendre devient une faute quand rien n’est engagé pendant ce temps. Les entreprises capables de réaliser une rénovation d’ampleur ont des carnets pleins, les copropriétés votent une fois par an, et les aides se demandent avant les travaux, jamais après. Le seul plan d’attente qui tienne est un plan daté.

Le tableau de décision

Votre situation L’option qui s’impose le plus souvent
Bien conservé longtemps, copropriété qui vote des travaux Rénover, en calant le calendrier sur l’assemblée générale
Bien détenu depuis plus de vingt-deux ans, aucun projet familial Vendre, la plus-value étant largement abattue
Petit logement, diagnostic antérieur à juillet 2024 Refaire le diagnostic avant toute autre décision
Bien en zone touristique, commune peu régulée Changer d’usage, en vérifiant d’abord le règlement communal
Classé F, bail en cours jusqu’en 2027 Attendre, mais en votant les travaux dès la prochaine assemblée

Ce que nous faisons

French Realty chiffre les scénarios avant que vous ne dépensiez : plusieurs bouquets de travaux, leur effet estimé sur la classe, leurs fourchettes de coûts, et ce que chacun implique en autorisations et en calendrier. Si vous rénovez, votre concierge dédié ouvre le chantier, passe aux jalons et assiste à la réception. Si vous vendez, nous coordonnons l’audit et les diagnostics. Les travaux eux-mêmes sont exécutés par des artisans partenaires, sous leurs propres garanties.

Pour poser la décision sur des chiffres, l’étude personnalisée offerte est le point de départ.

Questions fréquentes

Un bail en cours sur un logement classé G est-il annulé ?

Non. L'interdiction porte sur la mise en location : un nouveau bail, un renouvellement ou une reconduction tacite. Un bail en cours se poursuit jusqu'à son terme. En revanche le locataire peut demander au propriétaire de réaliser les travaux nécessaires, et à défaut saisir le juge, qui peut ordonner les travaux ou réduire le loyer.

La location saisonnière échappe-t-elle à l'interdiction ?

Le critère de décence énergétique vise la résidence principale du locataire, donc la location meublée ou nue à l'année. La location touristique de courte durée n'y est pas soumise aujourd'hui, mais c'est une porte qui se referme : la loi du 19 novembre 2024 a donné aux communes des pouvoirs de régulation étendus et engagé l'alignement progressif des meublés de tourisme sur les exigences de performance. Bâtir une stratégie durable là-dessus est risqué.

Refaire le diagnostic peut-il suffire ?

Parfois, et cela coûte quelques centaines d'euros contre plusieurs dizaines de milliers pour des travaux. Deux cas se présentent : un diagnostic antérieur au 1er juillet 2024 sur un logement de quarante mètres carrés ou moins, dont la méthode de calcul a été corrigée en faveur des petites surfaces ; et un diagnostic réalisé sans que le diagnostiqueur ait eu accès aux justificatifs d'isolation ou de chauffage, qui retient alors les valeurs par défaut les plus défavorables.

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