Journal · Art de vivre
Les passages couverts de Paris
Passages couverts de Paris : de la galerie Vivienne au passage Brady, verrières, mosaïques et boutiques d'antan, les plus belles galeries à parcourir.

Avant les grands magasins et les boulevards éclairés, Paris avait inventé une autre manière de flâner : à couvert, sous des verrières, entre deux rangées de vitrines. Au début du XIXe siècle, les passages couverts ont offert aux promeneurs un abri contre la pluie et la boue, un sol dallé, un éclairage zénithal et le luxe nouveau de marcher sans hâte. On en compta jusqu’à plus de cent cinquante ; il en reste une vingtaine, comme autant de salons secrets nichés au cœur des immeubles.
Les pousser, c’est franchir une porte discrète et changer d’époque. Mosaïques au sol, devantures en bois peint, libraires anciens, salons de thé, philatélistes et fabricants de cannes : ces galeries ont gardé le charme feutré d’un commerce d’autrefois. Voici quelques-unes des plus belles, à parcourir lentement, le nez levé vers la lumière.
La galerie Vivienne, la plus élégante
Ouverte en 1823, près du Palais-Royal, la galerie Vivienne est la reine des passages parisiens. Sa rotonde, ses mosaïques signées Facchina et ses arabesques en font un décor de carte postale. On y trouve un libraire d’ancien réputé, des boutiques de mode, un salon de thé sous la verrière. La lumière y tombe avec une douceur particulière, surtout en fin de matinée.
Quel est le doyen des passages parisiens ?
Inauguré en 1799, le passage des Panoramas est l’un des plus anciens de Paris et le premier à avoir été éclairé au gaz. Aujourd’hui, il bat au rythme des cartophiles et des philatélistes, dont les boutiques voisinent avec une enfilade de petits restaurants. L’atmosphère y est vivante, presque populaire, fidèle à l’esprit des origines.
Le passage Jouffroy, le théâtre du quartier
Juste en face, le passage Jouffroy (1846) fut l’un des premiers à être chauffé. On y croise :
- L’Hôtel Chopin, hôtel de charme blotti au fond du passage depuis 1846.
- L’entrée du musée Grévin et ses figures de cire.
- Une librairie de voyage, un marchand de cannes et de jouets anciens, une boutique de papeterie.
C’est sans doute le passage le plus romanesque, avec ses recoins et ses enseignes patinées.
Le passage Verdeau et la galerie Véro-Dodat
Dans le prolongement du passage Jouffroy, le passage Verdeau (1846) attire les amateurs de gravures, de livres anciens et d’appareils photo de collection. Sa verrière en chevrons baigne les boutiques d’une lumière claire, propice à la chine.
Plus au sud, près du Louvre, la galerie Véro-Dodat (1826) compose l’un des décors les plus raffinés de la capitale : plafonds peints, colonnes, sol en damier de marbre. Galeries d’art, restaurateurs de meubles et maisons de luxe y entretiennent une élégance discrète.
Le passage du Grand-Cerf et le passage des Princes
Près du quartier Montorgueil, le passage du Grand-Cerf (1825) impressionne par sa hauteur : près de douze mètres sous une verrière généreuse. Créateurs, bijoutiers et ateliers de décoration y occupent des boutiques baignées de clarté, dans une ambiance résolument contemporaine.
Le passage des Princes (1860), l’un des derniers construits, fut longtemps le royaume du jouet. Sa verrière restaurée et ses ferronneries témoignent du soin apporté à ces architectures de fer et de verre, héritières des Halles et des gares de l’époque.
Quel parfum d’ailleurs au passage Brady ?
Plus à l’est, le passage Brady (1828) raconte un autre Paris. Surnommé le « petit Indien », il aligne épiceries, salons de coiffure et restaurants venus du sous-continent indien et du Pakistan. Sous sa verrière flotte un parfum d’épices qui dépayse en quelques pas. C’est la preuve que ces galeries, deux siècles plus tard, restent des lieux vivants, capables d’accueillir de nouvelles histoires.
Quel passage pour quelle ambiance ?
Le tableau suivant aide à choisir selon l’humeur du jour :
| Passage | Époque | Ambiance |
|---|---|---|
| Galerie Vivienne | 1823 | Mosaïques et élégance classique |
| Passage des Panoramas | 1799 | Cartophiles et philatélistes |
| Passage Jouffroy | 1846 | Charme romanesque et collections |
| Passage Verdeau et galerie Véro-Dodat | 1846 et 1826 | Gravures, décors raffinés |
| Passage du Grand-Cerf et passage des Princes | 1825 et 1860 | Haute verrière et créateurs |
| Passage Brady | 1828 | Épices et parfum d’ailleurs |
Comment composer sa promenade, au-delà de la carte ?
Ces passages ne se laissent pas deviner depuis la rue : il faut savoir où pousser la porte, à quelle heure la lumière est la plus belle, quel libraire ou quel salon de thé mérite le détour. C’est précisément ce que cultive un interlocuteur dédié : la connaissance fine d’un Paris discret, celui que l’on ne trouve pas dans les guides.
Chez French Realty, cette familiarité avec la ville se met au service des propriétaires et des résidents, sur devis, au temps réellement passé. Composer un itinéraire entre deux verrières, accueillir des hôtes et leur faire découvrir ce Paris caché : une présence attentive pour profiter pleinement de la ville, là où d’autres se contentent de la traverser. Notre promenade dans le Paris littéraire prolonge celle-ci de libraire en libraire, la catégorie Art de vivre réunit le reste, et notre guide de la conciergerie sur mesure détaille ce que cette présence change.
Questions fréquentes
Combien de passages couverts reste-t-il à Paris ?
Paris a compté plus de cent cinquante passages couverts au XIXe siècle ; il en reste une vingtaine, dont les plus célèbres se trouvent autour du Palais-Royal et du quartier Montorgueil, rive droite.
Quel est le plus beau passage couvert de Paris ?
La galerie Vivienne est souvent citée pour ses mosaïques et sa rotonde ; le passage des Panoramas séduit par son atmosphère de collectionneurs, le passage Jouffroy par son charme romanesque. Chacun a son heure : la lumière des verrières change tout.
Où se trouvent les passages couverts de Paris ?
La plupart se concentrent rive droite, autour du Palais-Royal, du boulevard Montmartre et du quartier Montorgueil, dans les deuxième et neuvième arrondissements. Le passage Brady, plus à l'est, apporte un parfum d'épices et d'ailleurs.