Journal · Paris de cinéma
Sur les traces d'Amélie Poulain : le Paris du cinéma
Du Café des Deux Moulins au canal Saint-Martin, une promenade dans le Paris d'Amélie Poulain et des grands tournages, à vivre aujourd'hui.

Certains films collent à une ville au point de la redessiner. Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain est de ceux-là. Sorti en 2001, il a offert à Paris une image tendre et patinée, faite de comptoirs en zinc, de ruelles en pente et de petits bonheurs minutieux. Plus de vingt ans après, ses décors existent toujours, et l’on peut encore y boire un café, ricocher des galets ou flâner sous les réverbères.
Voici une promenade sur les traces d’Amélie, et plus largement dans le Paris des grands tournages. Un itinéraire à vivre lentement, carnet en poche, en laissant la ville rejouer ses scènes.
Le Café des Deux Moulins, cœur du film
Tout commence rue Lepic, à Montmartre, dans ce café où Amélie sert des diabolos et observe ses clients. Le Café des Deux Moulins existe bel et bien et continue d’accueillir les curieux du monde entier. La salle a gardé ses banquettes, ses miroirs et son comptoir, et l’on y retrouve quelques clins d’œil au film sans qu’il vire au musée.
Le meilleur moment pour s’y attabler reste le milieu de matinée, quand la rue s’éveille et que les habitués prennent leur premier café. On commande une crème brûlée, on s’installe près de la vitre, et l’on regarde Montmartre vaquer à ses occupations.
Montmartre, village dans la ville
Au-delà du café, c’est tout le quartier qui sert de décor. Montmartre garde son allure de village perché : escaliers, vignes, ateliers d’artistes et passages secrets. Quelques étapes valent le détour :
- La rue Lepic et son marché, pour l’ambiance de quartier.
- Le square Marcel-Bleustein-Blanchet, sous le Sacré-Cœur, où Amélie aide un aveugle à traverser la rue.
- La place du Tertre, animée mais incontournable, pour les portraitistes et la vue.
L’idéal est de monter tôt, avant l’affluence, et de se perdre volontairement dans les ruelles. Montmartre se mérite à pied, et récompense ceux qui prennent le temps.
L’épicerie de la rue des Trois Frères
Quelques pas plus bas, la rue des Trois Frères abrite la fameuse épicerie où travaille Lucien, le commis maladroit, sous l’œil du grincheux Collignon. La devanture, colorée et débordante de fruits, est restée l’une des plus photographiées du quartier.
C’est l’occasion de faire ses courses comme dans le film : quelques fruits de saison, un fromage, une baguette encore tiède. Le genre de panier simple qui résume l’art de vivre parisien, sans cérémonie.
Le canal Saint-Martin et les ricochets
Changement d’atmosphère en descendant vers le canal Saint-Martin. C’est ici, sur les berges en pierre, qu’Amélie fait ricocher ses galets, dos à l’eau, dans l’une des images les plus célèbres du film. Les passerelles métalliques, les écluses et les platanes composent un décor que le cinéma a souvent convoité.
Aujourd’hui, le canal est l’un des lieux préférés des Parisiens pour flâner ou pique-niquer. En fin d’après-midi, la lumière dorée glisse sur l’eau et les quais se remplissent doucement. On vient y lire, discuter, regarder les bateaux franchir les écluses au ralenti.
La gare de l’Est et le Paris des trains
Le film fait aussi un détour par la gare de l’Est, où se noue l’histoire du carnet de Photomaton retrouvé. Les grandes gares parisiennes, avec leurs verrières et leurs départs suspendus, ont toujours fasciné les cinéastes. Elles concentrent l’attente, le hasard et les retrouvailles, matière première de bien des récits.
Au-delà d’Amélie, Paris reste un immense plateau à ciel ouvert. Quelques décors mythiques se visitent encore :
- Le pont Bir-Hakeim et sa passerelle métallique, vu dans de nombreux films.
- La place Dauphine et l’île de la Cité, écrins discrets et intemporels.
- Les passages couverts, comme la galerie Vivienne, pour leur lumière de verrière.
Composer son parcours
Le charme de cet itinéraire tient à sa liberté. On peut le faire en une matinée, café compris, ou l’étirer sur une journée entière en y ajoutant un déjeuner à Montmartre et une fin d’après-midi au canal. L’essentiel est de marcher, de lever les yeux et de retrouver, au détour d’une rue, le Paris attentif et poétique que le film a immortalisé.
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